
Plus de cent personnes se sont rassemblées hier soir à 18h place Anatole France pour
manifester avec le collectif des Travailleurs Sans Papiers de Tours. Ce collectif s'est créé en juillet dernier pour défendre les droits de vingt-trois personnes, habitant, travaillant, payant leurs impôts... en France depuis plusieurs années.
Elles bénéficiaient jusqu'à peu de titres de séjours leur permettant de travailler, circuler et plus simplement vivre librement dans notre pays. Seulement, victimes d'une politique du chiffre accentuée par le gouvernement sur la question d'immigration, ces personnes se sont vues refuser la reconduction de leurs titres de séjours par la préfecture. Depuis, pour toutes ces personnes, la vie est devenue un enfer : entre peur des arrestations, impossibilité de se loger, de travailler légalement... elles se retrouvent en situation irrégulière au mépris de tout ce qu'elles ont construit ces dernières années.
En soutien à leur sort, pour dénoncer cette politique du chiffre
inhumaine et pour interpeller sur cette situation inacceptable c'est
donc un cortège d'une centaine de personnes qui s'est élancé de la place
Anatole France pour se diriger symboliquement vers les grilles de la
préfecture.
 |
| Rassemblement anti-fasciste place du Grand Marché |
L'atmosphère étant assez lourde ces derniers temps, un deuxième rassemblement avait lieu une heure plus tard sur la place du Grand Marché. Celui-ci, informel se plaçait sous la bannière anti-fasciste. Il a regroupé quelques soixante personnes venues protester contre la tenue d'un meeting du collectif d'extrême droite
Vox Populi aux Halles. Ces derniers tenaient en effet une soirée débat suivi d'un concert avec comme invité Philippe Vardon, leader de
Nissa Rebela, groupe identitaire de Nice et membre du Bloc Identitaire. Cet invité de marque a été condamné en 2010 pour "reconstitution de ligue dissoute", celle du groupuscule d'extrême droite
Unité Radicale, dissoute en 2002 après qu'un de ses membres Maxime Brunerie ait tenté de tirer sur Jacques Chirac lors du défilé du 14 Juillet.
Hier soir, aucun accrochage n'a eu lieu entre anti-fascistes et identitaires. Les premiers manifestant dans les rues du Vieux-Tours
entourés par la police, les seconds étant repliés dans une salle des
Halles pour tenir leur soirée. Mais à ce jeu là nul ne peut parier qu'il
en sera toujours ainsi.
 |
| manifestation anti-fasciste dans le Vieux-Tours |
Dans cette affaire, la préfecture continue donc de clamer le bon droit à
Vox Populi de se rassembler et de se montrer sur la place publique. Il est vrai qu'il est difficile, malgré leurs propos extrémistes (il suffit de lire leur site pour s'en rendre compte), d'interdire au groupuscule fasciste le droit de se rassembler tant qu'il ne franchira pas les limites légales. Par contre, j'ai du mal à comprendre que la municipalité de Tours, dirigée rappelons-le par le PS, loue une des salles des Halles à ce groupuscule pour tenir leur soirée. Ceci me laisse assez perplexe, même si cela n'est pas non plus étonnant vu que cette même municipalité à laisser le FN tenir son
congrès en janvier dernier au Vinci...
Il y a quinze jours, je parlais de
drôle de semaine en souhaitant vivement la suivante. Malheureusement ces drôles de semaines ont tendance à se répéter trop souvent ces derniers temps.