Depuis plus de quatre ans maintenant, Guillaume Peltier a investit le paysage politique tourangeau. Arrivé en tant que candidat du MPF (Mouvement de Philippe de Villiers) aux Législatives de 2007 puis aux Municipales de 2008, Peltier est aujourd'hui l'un des hommes forts de l'UMP locale.
Depuis le début du mois d'octobre, l'homme souvent qualifié d'ambitieux et d'opportuniste est au centre d'une polémique au sein de l'UMP 37. En cause, sa volonté de se présenter aux Législatives prochaines sur la 1ere Circonscription d'Indre et Loire (celle de Tours), ancien bastion de Jean Royer, tombée aux mains socialistes avec l'élection de Jean-Patrick Gilles sur Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) en 2007. Soutenu par les instances départementales (de Philippe Briand à Hervé Novelli en passant par Claude Greff) ainsi que par les instances nationales, Peltier parait avoir l'investiture promise.
Mais cela, c'est sans compter sur l'avis des militants locaux ni de Thibault Coulon et Pascal Ménage qui s'étaient eux pourtant soumis au vote des militants l'an passé pour l'
élection du poste de délégué de la 1ere circonscription de l'UMP, prélude à l'investiture sur la circonscription. A l'époque Pascal Ménage l'avait emporté de peu face à son adversaire. Bien que les deux hommes se battent depuis plusieurs années pour obtenir le leadership sur Tours, ils semblent s'allier actuellement (voir cet
article de la Tribune de Tours) pour contrer la montée en puissance de Peltier. Une volonté de ne pas se laisser faire illustrée par le communiqué ci-dessous :
"L’UMP Tours (1ère
circonscription), avec son délégué, son comité de circonscription, et
ses élus, s’est réunie pour réaffirmer sa responsabilité politique, tant
vis-à-vis des instances départementales et nationales, que vis-à-vis
des militants et adhérents.
En ce sens, elle entend diriger les
grandes batailles de 2012, en organisant les campagnes sur le terrain,
et en mettant en place, autour de personnalités incontestables, un
comité de soutien au candidat de la majorité présidentielle le plus
large possible.
Dans ce contexte, les annonces prématurées, qui
ont pu être faites, n’engagent pas les instances représentatives et
légitimes de l’UMP Tours, qui entend travailler avec toutes les
composantes de la majorité présidentielle, dans un véritable esprit de
rassemblement."
Un communiqué guère apprécié par Philippe Briand qui a fait un rappel à l'ordre autoritaire dans cette vidéo :
UMP: Guillaume Peltier candidat aux législatives? par tvtours
A l'UMP Tours, la guerre est déclarée et malgré les apparences que la droite veut laisser, le
bazar a l'air d'être le plus total.
Mais pourquoi un tel bazar ?
Les défaites électorales de ces dernières années ont pesé lourd dans l'ambiance au sein de l'UMP37. Les divisions sont apparues entre les partisans de RDDV et le reste du parti qui avait trouvé en l'ancien ministre l'unique responsable de cette descente aux enfers. En revanche pour les partisans de ce dernier, les instances locales n'ont jamais réellement aidé leur champion dans sa quête du pouvoir et l'ont ainsi conduit à l'échec et à celui de la droite par la même occasion.
A ces divisions s'ajoute la composante Guillaume Peltier. Ce dernier mal aimé des militants locaux qui lui reprochent outre son sulfureux passé (voir en fin de billet), d'être le bourreau de RDDV lors des campagnes électorales de 2007 et 2008 (voir à ce titre
les chapitres du passionnant livre Un Taureau dans l'Arène de Christophe Colinet) a en revanche tout le soutien et la protection de Philippe Briand. Le président départemental y voit l'occasion idéale de débarrasser sa fédération des restes de l'héritage de RDDV avec qui il n'a jamais été en phase (ce dernier lui reprochant une complicité avec Jean Germain à son détriment). Un fossé s'est donc créé entre la tête et la base de l'UMP37 qui reproche un manque de transparence à ses instances et qui refuse de se voir imposer un candidat qu'elle n'a pas choisie (voir à ce sujet les quelques réactions sur la réunion du "G8 local"
sur la page Facebook de l'UMP37).
Guillaume Peltier a beau ainsi répéter à tue tête qu'il se pose en rassembleur, qu'il rêve d'unir la droite pour enrayer la spirale de la défaite, sa présence semble à elle même créer une division supplémentaire. Les problèmes de la droite locale sont ainsi loin d'être réglés...
Guillaume Peltier : un passé sulfureux
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| Quand Peltier était au FN |
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"Girouette", "Opportuniste", "Carriériste"... les petits surnoms "doux" ne manquent pas sur Guillaume Peltier. Pourtant, depuis quelques années, le trentenaire tente de se racheter une image auprès de l'opinion publique. Image qui reste pour le moment fortement négative et rattachée à son passé au FN. C'est en effet par ce parti que Peltier est entré en politique bien qu'aujourd'hui il cherche à minimiser ce passage en prétextant une erreur de jeunesse. Si les médias classiques commencent à oublier dans leurs articles cette naissance politique, sur internet en revanche les références sont légions y compris sur les
sites d'extrême droite pour qui G. Peltier est devenu un traître ou un paria. Il faut dire qu'entre 1995 et 1998, le jeune Peltier faisait parti de la direction du FNJ (Front national de la jeunesse) avant de rejoindre le MNR (Mouvement national républicain), le parti de Bruno Mégret lors de sa scission avec le FN. Très ancré à l'extrême droite, Guillaume Peltier créé également à cette époque l'association Jeunesse Action Chrétienté qui entendait lutter contre le PACS, l’IVG, ou encore la pilule du lendemain et
la contraception à l’école... Tout un programme !!!
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| Peltier au temps du MNR |
Durant ces années, la bougeotte semblait être un virus pour le jeune Peltier qui en 2001 change de nouveau de parti pour rejoindre le MPF (Mouvement pour la France) de Philippe de Villiers. S'en suivent sept années durant lesquelles il franchit les échelons au sein du parti nationaliste. En 2007 il est ainsi porte parole de la campagne présidentielle de De Villiers, campagne qui lui permet d'avoir enfin une médiatisation nationale. Il devient alors un bon client des médias et se fait un nom sur la scène politique. Durant cette campagne, le porte parole Peltier se montre encore une fois proche des idées d’extrême droite, n'hésitant pas sur les
plateaux TV à se montrer partisan du retour de la peine de mort par exemple. Une campagne durant laquelle il se montre également assez dur envers le candidat Sarkozy, comme en témoigne les citations suivantes :
Sa soif de pouvoir se faisant de plus en plus pressante et profitant de l'essor du phénomène de la droite dite décomplexée au sein de l'UMP, Guillaume Peltier se rapproche de plus en plus du parti présidentiel. Sur Tours cela ne se fait pas sans heurts avec le refus des partisans de RDDV de le voir les rejoindre (voir plus haut), mais finit tout de même par se faire en 2009. Depuis, Guillaume Peltier continue de se racheter une image positive :
son blog ne mentionne plus son passé hors-mis ses années à l'UMP, tout comme sa
biographie sur le média de droite Atlantico.
Table rase du passé donc et nouvelle virginité favorisée par son nouveau statut d'analyste de la vie politique grâce à l'entreprise qu'il a créé et qui fournit des enquêtes et analyses d'opinion dans une revue bi-mensuelle "La Lettre de l'opinion". Une façon comme une autre de se faire un place dans le paysage politique national.
Aujourd'hui, on le dit proche de Copé, Hortefeux et même de Sarkozy. Il se murmure même qu'il pilotera sa prochaine campagne présidentielle en Touraine, ce qui au vu de ses déclarations de 2007 se révèle être à posteriori assez cocasse vous en conviendrez...
En attendant, malgré qu'il n'a pour le moment jamais été élu (échouant à quatre élections successives sur Tours), il paraît réussir sa mue et devient petit à petit un homme influent à l'UMP. Affaire
à suivre...