Pendant longtemps Christophe Miossec a été un diamant taillé brut, se contentant de balancer des textes bruts sur des accords faciles. Longtemps, Miossec n’a pas chanté, mais vomi des mots en vrac, des mots durs et profonds. Bref, pendant longtemps Miossec était un de ces artistes pour qui la musique était un cri qui venait de l’intérieur.
Aujourd'hui connu et reconnu du grand public et des médias, le brestois longtemps marginal et un peu underground a toujours eu du mal à cacher une timidité et une pudeur omniprésentes, incapable de parler de ses chansons, et presque incapable de les chanter sur scène. Pourtant ses albums ont quasiment tous étaient des réussites, de "
Boire" à
"Brûle" en passant par
"Baiser" et
"A Prendre", le brestois a à chaque fois conquis un public touché par la pudeur de l'artiste, et par ses paroles où chacun peut retrouver la brutalité d'un morceau de vie.
Puis Miossec a vieilli et s'est assagi, comme le bon vin il s'est bonifié pour atteindre le temps venu de la quarantaine un artiste complet s'entourant même d'un orchestre symphonique pour son album
1964. Miossec n'était plus seulement qu'un chanteur à texte, mais offrait tout d'un coup une panoplie complète alliant la poésie de ses textes avec des mélodies recherchées et entrainantes.
L'Etreinte sortie en 2006 confirma l'impression et le Mio' fit définitivement son entrée dans la case des artistes tous publics. Comble du comble pour cet homme discret, sa
Facture d'Electricité fit même son apparition dans les grandes surfaces commerçantes.
Pour autant Miossec n'a pas changeait, les interviews et les apparitions TV ou radio ont beau se succéder, l'artiste breton a toujours autant de mal à parler de ses chansons, à se dévoiler, presque gênè de cette soudaine notoriété.
Il suffit d'aller le voir sur scène pour le comprendre, car c'est là qu'on retrouve cet écorché qui a toujours autant de mal a s'adresser à son public ou à se souvenir de ses paroles. Bref Miossec reste l'un des derniers chanteurs poètes authentiques, un mélange entre Brel et Gainsbourg, loin des cadres traditionnels du métier.
Le trentenaire écorché qu'il était est devenu aujourd'hui un quadra un brun mélancolique, qui dynamite toujours les cadres conventionnels de la chanson et qui avec un certain sarcasme continue de cracher ses illusions perdues et c'est pour cela qu'on l'apprécie.
En Bonus, quelques vidéos même si j'ai du mal a sélectionner :
La fidélité :
Regarde un peu la France ( mauvaise qualité d'image) :
Les Bières ( sur scène) :
Tonnerre :
Brest :
La Mélancolie :